Le tsundoku vestimentaire

En japonais, le terme tsundoku désigne les livres qu’on accumule sans les lire.

Après des années de visites de garde-robes, je peux vous affirmer que certain(e)s font la même chose avec les vêtements.

Combien de fois ai-je visité des dressings contenant de magnifiques escarpins jamais portés quand la seule paire de bottines était en bout de vie.

Combien de petits hauts ai-je vu sommeiller accrochés à leur étiquette attendant dans les limbes de l’indécision qu’on daigne les rendre au magasin (alors que les 30 jours autorisés étaient dépassés depuis longtemps) ou leur couper le cordon ombilical pour enfin les adopter.

De robes achetées « pour quand j’aurais perdu une taille ».

Il y a les tsundokus vestimentaires justifiés,  car pas adaptés à notre mode de vie ou pas de notre taille, et ceux qu’on ne s’explique pas vraiment.

Une couleur qui nous fait tiquer, un style finalement trop osé, une coupe qui ne nous revient pas… Et le vêtement reste importé.

Il arrive que, suite à une émission, un conseil, une rencontre, on ressorte un livre de la poussière sous laquelle il était englouti pour, enfin, le lire.

Des inspirations diverses peuvent jouer ce rôle en ce qui concerne les vêtements. Un jour voir une belle femme en veste de velours côtelé dans la rue et ressortir la sienne de sous les cartons. Une influenceuse en lilas, qui va nous donner le courage de porter ce top acheté sur un coup de tête et non assumé.

Mes conseils, qu’il soient prodigués ici ou en direct lors d’une session d’optimisation de garde-robe ont vocation à jouer ce rôle de révélateur en trouvant des tenues pour faire monter sur scène ces éternelles doublures de votre garde-robe.

Parfois pourtant, rien à faire pour ces délaissés.

Il arrive qu’il ne vous correspondent tout simplement pas.

L’autre jour, une de mes cliente m’a demandé comment porter le béret rouge que sa soeur lui avait offert. Elle avait bien essayé mais se sentait déguisée avec. Eh bien il n’y avait pas de solution stylistique.

Le béret n’était simplement pas adapté à sa personnalité, peu importe la tenue à laquelle il serait associé. Ce n’est pas grave. Tous les vêtements ne sont pas faits pour tout le monde, tout comme les livres ne sont pas universels.

Dans mon propre tsundoku livresque, je remarque beaucoup de livres offerts, souvent choisis à la va-vite.

Dans les tsundokus vestimentaires c’est la même chose. Les cadeaux restent plus souvent dans les armoires, car peu adaptés à la personne à qui on les a offerts.

Il y a aussi les grandes ambitions que l’on cultive pour soi, pour sa culture ou pour son style. Ces pavé cultes qu’on a envie de lire nous aussi puis qui nous tombent des mains et ce trench Burberry vintage qu’on a envie de porter comme les icônes parisiennes mais dans lequel on se sent Columbo pataud.

En tant que styliste personnelle et auteure d’un livre sur la manière d’exploiter au mieux sa garde-robe, je ne possède pas de vêtements jamais portés. Les cordonniers ne sont pas toujours les plus mal chaussés bien heureusement.

Mais allez je me confesse, j’ai bien un petit tsundoku à talons. Une paire d’escarpins aiguille peep-toe Ernest. J’avais découvert l’univers très Pigalle de cette maison via la blogueuse Louise Ebel. Alors que je me baladais un jour de soldes sur le boulevard de Clichy, je suis tombée sur la boutique. Un voluptueux écrin, fidèle en tout point à l’image que je me faisais de la marque.

Les paires étaient bradées et j’avais envie de ramener un peu de cette image de femme fatale à mes pieds. Je me suis offert une paire. Que je n’ai portées qu’une fois pour me rendre à un défilé. Le cuir est un peu rigide et en vérité je possède déjà une paire de sandales noires vertigineuses pour les grandes occasions.

Parfois on se fait avoir par l’envie de posséder un livre ou un vêtement… en oubliant de se demander si on veut le lire ou le porter vraiment.

Et vous? Parlez moi de vos tsundokus vestimentaires dans les commentaires. 

Si vous aimez discuter mode, suivez moi sur instagram où je partage beaucoup de choses en stories!

Collage de couverture: merveilles de chez Louise Paris et tsundoku d’Augustin Trapenard

Comments
13 Responses to “Le tsundoku vestimentaire”
  1. Hazeltex dit :

    This could be a one time arrangement or an ongoing enjoyment. Why does your neighbor have more sex partners than you? Life is busy and complicated but intimacy and sexual satisfaction don’t need to be.

    klin-master.com/4496-ustanovka-i-zamena-zamkov.html

    There would be times where he would just go crazy. There is nothing to suggest the man is doing anything illegal. I’m not going to sleep with someone to get back with a man.

  2. Carol dit :

    Hi Alois:

    I think that actual situation has changed everything in all levels…. Before and after…I love high heels, I used to wear them a lot to the office, but now working at home I feel that all my clothes are « useless », that’s really sad, so what I’m doing now is trying to create different outfits for different occasions even for the
    supermarket and leaving high heels for when I don’t have to walk a lot ( there’s always a way for girls right?). Anyways doing this I found of course clothes and shoes that I haven’t wear for ages, time to give them away no matter how hard is that

  3. Lise dit :

    Alois, I love your insight, you are so wise.

  4. Sue dit :

    I used to buy clothes for a corporate work place and now it’s changed to smart casual and I realised I don’t actually like any of those corporate clothes. I was only wearing them because they were acceptable. I am going to donate them to charity and start again, this time hopefully with more care in my selection. My problem is, I will try on that jacket or shoes in the shop and it looks great, but then when I wear it in real life, I can’t lift my arms because the jacket is cut wrong, the shoes are not comfortable to walk any distance in etc and I end up in jeans, t-shirt and sneakers.

  5. Manderley dit :

    Bonjour Aloïs et bonne année ! (Un peu en retard mais c’est maintenant ou jamais)

    J’emploie exactement la même expression que vous “une vie rêvée” pour certaines choses (vêtements trop chichiteux dans le style ou leur entretien, chaussures trop hautes ou trop délicates…). L’expérience m’a appris à essayer, admirer et puis reposer toutes ces choses.

    A propos de livres, j’ai fait un tri, il y a 3 ans déjà et j’ai donné à la bibliothèque 5 mètres linéaires de bouquins, c’est un exercice difficile pour moi parce qu’ils me parlent.

    Enfin, çà fait un certain temps que j’ai une règle: 1 objet rentre donc 1 autre doit sortir. Je l’ai fait savoir autour de moi donc on ne m’offre plus que des choses éphémères et çà me convient tout à fait parce que le chaos (même bien rangé) me donne des semelles de plomb et je préfère les semelles de vent.

    • Aloïs Guinut dit :

      Oh que c’est joliment dit!
      Pour les livres je me pose vraiment la question soit de l’utilité soit du « spark de joy » à la Mari Kondo. Pour ne peupler ma bibliothèque que de livres que j’aime.
      Je ne pratique pas le « un rentre un sort » pour les vêtements car je trouve ça trop systématique à mon goût mais je comprend l’idée de la liberté!

  6. Caught a glimpse of this in your IG stories, but thanks for fleshing it out here. This is such a problem for me; I have often been inspired by someone else’s style, and acquired a few pieces, and then wondered why they were dreadful on me (droopy tie-dye pieces, I’m looking at you!). I try hard to style them, but they’re just never right. I would love a follow-up on this with some more rules/guidelines. Also, I should probably just keep booking appointments with you forever, and let you do it for me!

    • Aloïs Guinut dit :

      Yes! It has to be YOUR vibe (and also suit your body). Since I know you well now, I indeed do not picture you in droppy tye dye pieces. But you have the happy colorful vibe that’s why you are attracted to them, but on you it is less « casual boho ».

      Always happy to do appointments with you <3

  7. Laura dit :

    Great post. I always think other people look great in dressed down blazers and have two expensive tailored ones that I never wear. I have clothes for “going out” that are too dressy for anywhere I ever go (before Covid). I also have a whole collection of skirts I hardly wear. Now that I know I’ll be permanently working from home, my whole work wardrobe is going to be on the shelf too. How much time has to go by before you admit you’ll never wear a piece? Or is it more of a feeling?

    • Aloïs Guinut dit :

      Yes, clothes that we like on others are not always the ones that look good on us! They are soooo many things I like on others that I would not wear myself.
      On a related topic I was in a perfume shop yesterday and was smelling scents. And there was one I looooved. Like really. But just wanted to spray on someone else and then enjoy the company haha.
      Maybe there is a way to style those skirts?
      For the going out clothes it is usually more difficult but the fancy tops can be styled with jeans/ pants and the dresses topped with knitwear and worn with flats.
      I can help with this through distance styling if you want.
      Regarding the work wardrobe, there is also maybe a way to style pieces into casual wear.

  8. Sophie B dit :

    On pourrait remplir une armoire avec mes tsundokus! 😉

    Ce sont souvent des vêtements ultra-féminins (jupe, robe, talons vertigineux) qui correspondent à la femme que j’aimerais être, mais qui ne sont définitivement pas adaptés à mon quotidien ou à ma morphologie (bonjour les chaussures fines pour mes pieds larges!).

    Il y a aussi ces vêtements que j’achète, que je ne porte finalement pas, puis que je ressors un ou deux ans plus tard pour les mettre quasi-quotidiennement. Dernièrement c’est une chemise bleue pâle qui a fait son grand come-back dans ma garde-robe. Autant je m’explique le phénomène pour les vêtements que je ne porterai jamais, autant le mystère demeure entier pour les vêtements qui reviennent en grâce dans ma garde-robe…

    Bravo en tout cas pour ton blog que je suis depuis plusieurs mois maintenant et qui est une mine d’infos!

    • Aloïs Guinut dit :

      Ah oui dans mon dernier livre je parle des vêtements « pour une vie rêvée »

      Je pense que certains vêtements font leur come back car le problème n’était pas qu’ils ne vous allaient pas mais que vous n’aviez pas encore trouvé la manière dont vous alliez les porter.
      Et c’est cela le déclic dont je parle.

      Merci d’avoir commenté! Je suis toujours contente de « rencontrer » mes nouvelles lectrices et ça m’encourage à écrire de vous lire ici.

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