Ma technique d’optimisation de penderie appliquée à la mienne

Si vous vous êtes aventurées dans les onglets de ce site vous avez vu que ma devise (bientôt gravée sur mes armoiries) est d’acheter moins mais mieux.

Mais vous connaissez l’histoire du cordonnier qui est toujours le plus mal …

Pour voir si ça se vérifiait en l’espèce, je suis allée perquisitionner ma propre penderie avant de lui appliquer le même traitement de choc qu’à celles de mes clientes qui optent pour la formule consultation dressing.

A l’issue de cette enquête fouillée, je vous présente un rapport circonstancié détaillant l’état de mes possessions en pulls, sweats et autres gilets, mes observations et mes prescriptions faites à moi-même.

Voyant la nouvelle année se pointer, il y en a qui se détoxiquent le foie et d’autres les poumons alors pourquoi pas vous cleanser le placard? Vous y verrez plus clair pour créer vos tenues le matin.

Outil nécéssaire à l’opération: un oeil avisé et impitoyable. Le votre, si vous maîtrisez vos émotions, celui d’une amie si elle arrive à rester franche, ou le mien (même via skype).

Marche à suivre en 5 étapes.

I/ Débarrassez vous de vos vieilleries 

Ca semble simple? Pas tant que ça.

De la même manière qu’on ne se voit pas forcément vieillir, on a du mal à réaliser que ce petit pull noir tant adoré a maintenant un trou/ fait carrément grise mine/ bouloche grave / est tout détendu / est devenu trop petit / a un petit trou dans le dos…

C’est pas de notre faute, on l’aime tant… L’amour rend aveugle, que voulez vous.

Soyez impitoyable, regardez le comme si vous le voyiez la première fois. Vous en voudriez? Bon. Alors débarrassez vous en. (NB: transposer ce conseil à votre amoureux comporte des risques).

Je me suis donc récemment séparée d’un cachemire col V Sandro après 7 ans de relation (et pas une photo souvenir. Il va me manquer).

II/ Rompez avec ceux qui vous rendent moche

D’ailleurs, souvent vous les connaissez. Ils absorbent la senteur du placard parce qu’ils sont datés/ ne sont plus de votre taille/ vous donnent de ravissantes plaques rouges/ sont impossible à repasser…

D’autres vilains, plus sournois, parviennent à s’incruster sur vos épaules. Soyez fermes. Regardez les droit dans les mailles. Les aimez vous vraiment? Vous sentez vous à votre avantage dans leur lainage?

Si la réponse est « non, mais… je l’ai acheté cher/ il était si joli sur machine/ j’aime tellement la couleur… On lui dit bye bye.

Suivant mes propres préceptes, j’ai récemment donné un gilet angora jaune banane que j’adorais mais qui, en bon égocentrique de placard, parsemait de peluches jaunes le reste de ma garde robe dans l’objectif machiavélique qu’on ne voie que lui (le pauvre, il n’avait pas compris que si mon manteau noir devenait jaune sale, ça le desservait complètement). Peut-être sa propriétaire suivante saura t’elle mieux réprimer sa volonté de colonisation. Pour ma part, j’ai capitulé après avoir lu tout google sur le sujet.

III/ Gardez seulement le meilleur des jumeaux

(Ouhouh moteur de recherche, je fais des métaphores hein!)

Quand je m’aventure dans les placards de mes clientes, je constate souvent qu’elles achètent encore et toujours la même pièce.

Et, si il est éventuellement utile de posséder deux pièces basiques identiques de beauté équivalente, une troisième est superflue.

Quand on les observe, il y en a toujours une dont la beauté éclipse celle des autres. Par pur eugénisme de placard, c’est celle ci que vous devez garder.

Ce serait dommage de vous balader dans un pull noir très moyen, quand celui qui vous rend canon n’attend qu’un coup de fer à repasser.

Bénéfice immédiat: vous n’aurez plus à retournez le contenu de votre pile de pulls pour retrouver le bon.

Appliquant la règle, j’ai récemment donné un joli pull à tressage irlandais bleu marine APC qui me suivait depuis six ans parce que son remplaçant plus frais, plus chaud, avait rejoint ma garde-robe il y a trois ans.

IV/ Sauvez les symboles

Avez vous lu Marie Kondo, gourou du rangement?

Elle préconise de se débarrasser de tout objet dont l’évocation ne nous transporte pas de joie.

Le mot est peut-être un peu fort, mais la perspective de me glisser un jour à nouveau dans ce pull V chaussette rose bonbon à manches évasées m’enthousiasme assez. Pour le moment il ne m’inspire pas mais sait-on jamais. En plus il me va toujours bien.

Par contre on ne triche pas! C’est une exception à la règle! Pas la norme ^^

V/ Rationalisez les belles pièces

En général ce sont celles que vous portez souvent. La plupart de mes clientes sont intuitivement perspicaces.

Par contre, il arrive régulièrement qu’elles délaissent des pépites faute de savoir comment les associer. C’est là que j’interviens en leur suggérant comment les porter avec le contenu de leur placard ou en leur recommandant les pièces à acheter pour les mettre en valeur.

Je vous ai donc listé toutes mes possessions pullesques en notant leur crû (date d’achat), leur domaine (marque), leur cépage (composition) et leur mode de dégustation.

Quand je fais cette analyse pour une cliente, c’est au feeling sur le tas (de fringues). Ensuite, l’examen des marques et des compositions confirme que les plus belles pièces sont chères.

C’est intéressant de faire un tel travail de répertoration chez vous car cela vous permettra de constater ce qui dure et ce qui vous va le mieux.

Voici donc ma liste, préparez vous, ça va être long. (Ceci dit j’adorais lire les listes des effets des poupées dans la comptesse de Ségur, alors, qui sait, peut-être apprécierez vous):

Un gros pull rouge vif Bimba y lola qui a déjà rejoint le podium de mon armoire. 2 mois d’âge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un pull col V cachemire et soie ultra fin Vanessa Bruno acheté en gris et en bleu marine. Une seconde peau très utile pour porter sous des jupes taille haute. 1 an d’âge.

Une marinière Saint James trouvée chez Emmaüs dont les rayures s’associent avec tout et n’importe quoi. 1 an d’âge.

Un gros long pull vert foncé Vanessa Bruno trouvé dans un dépôt vente. Comme il s’arrête sous les fesses, je lui associe des bas très près du corps. 2 ans d’âge.

Un pull en polyester moulant bleu marine imprimé homard Monoprix. Très chou avec des jeans et des jupes tailles hautes. 3 ans d’âge.

Un gros pull irlandais bleu marine long et large de la petite marque Coldelrosso. Comme il s’arrête sous les fesses, je lui associe des bas très près du corps. 3 ans d’âge.

Un pull carré mou avec un zip dorsal Le mont Saint Michel. Mignon avec des bas près du corps. 5 ans d’âge.

Un pull oversize masculin en coton trouvé chez Guerrisol. Mignon avec des bas près du corps. 5 ans d’âge.

Un petit pull près du corps moutarde de la marque APC dont la couleur égaie aisément mes tenues. 6 ans d’âge.


Mon cachemire, ma blondeur artificielle et mes éternels bonnets noirs à Londres en 2012.

Un pull fluide en cachemire et soie avec lavallière basse Comptoir des cotonniers. Je le porte moins parce que je m’en suis un peu lassée, mais il est toujours moderne, élégant et en parfait état. Du coup je retente les mélanges cachemire et soie comme avec les petits pull V Bruno, mais je sens déjà qu’ils n’auront pas la même longévité. (Qu’est ce que c’était bien comptoir avant qu’ils ne soient rachetés…) 9 ans d’âge.


J’autobalance mes dossiers. Salle de classe à Berlin en 2008.

Un pull noir fin fluide Bill Tornade acheté il y a 15 ans aux magasins d’usine de Cholet (ouais, ouais, vintage, je sais). Pour être honnête, le noir a perdu de son éclat, mais comme il n’a pas une bouloche  et est atemporel, il me dépanne bien de temps à autres.

Un pull cropped hérité de ma maman dont la couleur oscille entre l’or et le kaki. Joli sur une robe ou un taille haute.

VI/ Recommandations à moi même

Basées sur l’observation de la liste.

Arrêter les pulls marine: je l’ai décliné dans toutes les formes possibles. Mon côté Adjani que voulez vous.

Me trouver un pull noir basique. Le seul que je possède a 15 ans tout de même.

Un gilet serait fort utile.

Et vous? Vous arrive t’il de vous faire des mises à jour de garde-robe? Pensez vous que ça vous aiderait de bénéficier de l’aide d’une styliste personnelle? 

Like
Comments
12 Responses to “Ma technique d’optimisation de penderie appliquée à la mienne”
  1. Sandra Moore dit :

    Yes, I try to edit twice a year during the season change and am a big believer in it. In the United States many people have closets the size of a small bedroom where they collect clothes that mostly go unworn. I am not one of them, and I do not miss it. My small closet forces me to follow a « one in, one out » rule. I have enough to have fun with variety (I can’t do the completely minimilist wardrobe because it bores me to tears) but not so much that I am overwhelmed or forget what I own. Quality varies according to use; my wool dress coat is quality and going on ten years, my trendy lightweight summer top I only plan to wear one season is not. Love your blog because you promote the « being creative with less is actually more » philosophy I believe in. You have given me so many great ideas and helped me avoid mistakes. Merci!

  2. Jimena dit :

    Hi!
    Long time reader, first time commenting. I wanted to tell you how impeccable your timing is, I’m planning on doing an edit of my closet this weekend since I noticed the more I buy, the less I wear, simply because I lose track of my clothes in the clutter of my closet and end up falling back on the same handful of outfits. I like the idea of making a list, I’ll implement it as well.

  3. Kate dit :

    So funny — I’ve been hanging on to the same Comptoir des cotonniers pussy-bow sweater, but didn’t realize it was 10 years old! I still love it too. I love your blog!

  4. vivien_noir dit :

    Hahaha – my list would be SO MUCH longer! I made closet inventory twice, and the last time, I had over 50 pairs of Pants (all kinds and styles and lengths, from pajama Pants to glossy skinny coated Jeans and embroidered summer Shorts).
    I also had over 100 black, short-sleeved T-Shirts. Concert and Band Shirts, but still, over 100 different black Shirts.

    Black still ist overrepresented in my wardrobe, but it’s my main colour, and I won’t Change this 🙂 I’m not changing being goth either 😀

    • Aloïs Guinut dit :

      Ahah, my list seemed quite long but it is actually quite short. I think I am being successful in what I try doing because I wear everything I own on a regular basis.

  5. EternalVoyageur dit :

    It’s really nice to read a bit about your personal closet and to see a bit of your style. I love that red sweater!

    Also this is right on time because I’ll be editing my closet a bit in the next days. It’s something that I like to do at the end/beginning of the year.

    Also I have edited my closet with Marie Kondo’s method and it was amazing. I had so many pieces that were perfect in theory (fit me, flattered me, stylish, good quality, comfortable etc) but when I held them in my hands they didn’t give me that uplifting spark joy feeling, instead I felt a heavy feeling. When I acknowledged that feeling I often realised that there was in fact something wring with the outfit (reminded me of something, didn’t fit my lifestyle, wasn’t really « me », bunched or rode up in a strange way, etc)

    • Aloïs Guinut dit :

      Oh I am happy you liked this article, I was not quite confident about sharing this much about me 🙂
      Sometimes I dress sophisticated, sometimes casual but mainly a mix of those two at once.
      And yes, the Marie Kondo method is really great! I have read only half the book at a friend’s though. Have to read the rest of it!

  6. V dit :

    Quand il s’agit de soi, je trouve toujours très difficile d’être objective et d’avoir un regard doux sur soi-même …les conseils des amies/sœurs/ cousines etc n’y changeant rien…dans mon cas.
    J’ai trouvé plus bénéfique d’avoir un regard neutre et aguerri sur mon dressing et shoesing.
    Bénéfique ne veux pas dire sans douleur quand il a fallu se séparer de quelques pièces tant aimées ( un brin usées, forme inadéquate, taille inadaptée et j’en passe ).La séparation a d’ailleurs duré plus longtemps pour quelques pièces dont je ne me suis résolue à leur trouver de nouvelles propriétaires que depuis quelques mois ..

    Résultat : un dressing avec l’existant que l’on étoffe au fur et à mesure de pièces dont on reconnaît dans « l’architecture « , la longueur et la couleur, un allié de poids.
    Ex : je manque (ais) cruellement de pulls (contrairement aux gilets).
    J’ai mis la main ( en ligne) sur deux pulls fins cols U ( cachemire) en bleu roi (il y a un an) et le même pull en rouge coquelicot ( il y a 3 mois).
    Hier,en boutique, repérage et essayage d’un coup de cœur absolu sous la forme d’un col V fin ( en cachemire) vert anglais qui existe également en rose pamplemousse ( j’adore cette couleur).
    Je trouve être toujours un défi à habiller alors quand la forme, longueur et couleurs me vont ….je ne me pose pas de questions et je peux décliner mes achats « pullesques » sur 2 coloris vitaminés * en général ( non présents dans mon vestiaire actuel qui a déjà 2 neutres : un pull noir et un gris oversize…)
    Ça me permet de me constituer un dressing où je peux limite piocher au hasard et éliminer d’emblée 90% d’achats inutiles ( Dans la mesure ou ma démarche s’inscrit dans la durée  » Make It last » et donc la qualité, toute acquisition a son prix meme si nous ne sommes pas à l’abri de belles déconvenues ).

     » Buy less, choose well and dress better  » pas encore totalement mais j’y travaille ardemment.

    * Ces couleurs vitaminées ne me seraient pas venues à l’esprit ( en été comme en hiver) s’il n’y avait pas eu de consultation dressing.

    Ps : même si cela représente un travail monstrueux, un grand merci pour la fréquence des posts !

    V

Leave A Comment