La méthode Kon Mari est elle optimale pour le tri des vêtements?

Parce que début d’année est souvent synonyme de bonnes résolutions, en lieu et place d’une énième série chronophage,  Netflix a choisi de promouvoir l’émission de téléréalité mettant en scène la papesse du rangement japonais, Mari Kondo, en page d’accueil.

J’ai regardé un (ok, trois, chronophagie du streaming, quand tu nous tiens) épisodes et les similarités entre son métier et le mien m’ont sautées aux yeux.

Mari Kondo se rend dans l’intimité des gens pour changer leur rapport au foyer en promettant un futur dans lequel ils n’auront « plus jamais à ranger ». Délivrés des contingences quotidiennes qui encombraient leur esprit, les heureux clients auraient plus de place mentale à consacrer à des activités familiales, artistiques ou manuelles épanouissantes. Un véritable renouveau par la thérapie du placard que Mari Kondo a nommé « la magie du rangement ».

Après avoir visionné l’émission, on est pris d’une incontrôlable envie de ranger son chez-soi de fond en comble (il me faut un gros niveau de self control pour écrire cet article alors que tout ce dont j’ai envie c’est de classer mes documents de travail dans les grandes boîtes Muji achetées à cet effet hier).

La méthode KonMari est d’appliquer à chaque catégorie d’objets de la maison un traitement en deux temps. Pour ce faire il s’agit de rassembler tous les objets d’une même catégorie dans une seule pièce de la maison, puis de se débarrasser du superflu selon LE critère ultime dit de « l’étincelle de joie ». Si l’on ressent de la joie en prenant l’objet dans ses mains, on le garde, sinon, on REMERCIE l’objet pour services rendus avant de le bazarder direction le sac poubelle, unité de mesure Marikondesque de l’étendue du rangement effectué.
Une fois débarrassés d’une bonne dose de bazar (des dizaines de sacs poubelles au bas mot), on attribue à chaque objet une « maison » dans laquelle il se reposera calmement chaque fois qu’il ne sera pas utilisé.

Si l’on suit scrupuleusement les instructions de KonMari, les vêtements sont la première catégorie d’objet à laquelle on doit s’attaquer. C’est ici que sa pratique recoupe et la mienne. Dans nos deux activités, le premier contact se fait dans l’intimité du foyer, et, comme il est souvent intimidant de laisser des yeux inconnus se pencher sur nos biens personnels, ses clients comme les miens sont souvent un peu nerveux avant de montrer leur placards.

Ensuite, notre objectif commun est de rendre la vie quotidienne de nos clients plus agréable en leur facilitant une tâche jusqu’ici considérée comme pénible, et même en la transformant en en plaisir. Le rangement dans le cas de KonMari, l’habillement dans le mien.

Ma méthode présente des points communs mais aussi des différences notoires avec la sienne.

1/ La philosophie de la montagne de fringues

Nous partageons la philosophie de la « montagne » c’est à dire le fait de rassembler TOUTES ses possessions vestimentaires (accessoires compris) dans une seule pièce afin de se rendre compte de l’étendue de ses possessions et de permettre un tri efficace.

Avant une consultation d’optimisation de dressing, je demande systématiquement à mes clientes de regrouper tous leurs vêtements et accessoires dans une même pièce. Contrairement à KonMari, je ne requière pas l’extraction des dites nippes du placard, qui peut s’avérer contre productive dans une optique de stylisme (on ne voit rien dans les profondeurs de la montagne).

Dans mon experience, comme dans celle de KonMari, les gens ont tendance à éparpiller leur vêtements à des endroits farfelus de la maison. La chambre des enfants étant une cachette de prédilection.

Malgré cette requête, je déniche systématiquement des « recoins à fringues » que l’on m’avait cachés, au motif que « cette pile c’est juste des T-shirts on s’en fiche ». Or, en tant que styliste, les T-shirts, je ne m’en fiche pas et qu’il n’est point besoin d’en garder une pile si ils ne sont ni utiles ni aimés.

Mari Kondo note également la tendance humaine à occulter des choses. Notre objectif commun étant de tout prendre en compte sans exception afin de parvenir au meilleur résultat possible, nous devons souvent mener l’enquête. A force de questions précises, je parviens à visionner l’intégralité de la garde-robe de mes clients (qui me sortent toujours une boîte de bijoux de derrière les fagots).

2/ La catégorisation des vêtements à trier

Ici, nos méthodes diffèrent.

Marie Kondo conseille de trier ses vêtements par sous catégories et de procéder au tri de chacune dans l’ordre suivant (les hauts, les bas, les vêtements suspendus, les chaussettes, les sous vêtements, les sacs à mains, les accessoires et les chaussures).

De mon côté je préconise la création de trois catégories avant ma venue:

  • les vêtements que l’on aime et que l’on porte
  • les vêtements que l’on aime mais que l’on ne porte pas
  • les vêtements que l’on aime plus

Dans chacune de ces catégories, mes clients gardent spontanément l’organisation de leur placard qui correspond peu ou prou à celle de Mari Kondo (les hauts, les bas, etc).

3/ La règle du spark of joy

Une fois la montagne érigée, KonMari explique à son disciple comment l’éroder rapidement.

Il s’agit de prendre chaque vêtement dans ses mains et de se demander si il « vous met en joie ».
Une sensation que les amoureuses de la sape connaissent bien. Les étourdies de ma trempe en font l’expérience lorsqu’elle égarent une de leur pièces préférées. Dans mon cas, le moment des retrouvailles est tout en effusions et embrassades. (Oui j’ai fait un gros bisous à mon haut Valentino vintage retrouvé dans la doublure de ma valise en poussant un petit glapissement de joie, ne me jugez pas). Si la philosophie animiste de notre gourou japonaise ne vous parle pas, visualisez la perte ou le décès du vêtement (dans de tragiques circonstances telles que taches ou déchirures) et demandez vous dans quel état cela vous plongerait. Puis visualisez sa réapparition/ résurrection. Alors? Contente?

Malheureusement, tout n’est pas si simple de mon point de vue. Cette chemise blanche ne vous met peut-être pas en joie… Mais moi je connais un moyen de rallumer la flamme (que dis-je, l’étincelle!) entre vous. En plus, je sais qu’elle se révélera plus utile que vous ne le pensez.

4/ Le juge suprême

La grande différence entre la méthode KonMari et la mienne réside dans l’identité du juge final.

Une fois la montagne érigée et le concept de « l’étincelle de joie » expliqué, la grande prêtresse du rangement vous laisse seul face à vos vêtements. Se contentant éventuellement de pointer du doigt vos moments de faiblesse au moyen de petites questions bien senties du type « êtes vous sûre de bien aimer ce pantalon? ». Fine mouche, tout comme moi, elle décèle à l’expression du visage et à l’intonation de ses clients un défaut d’amour véritable pour un objet.

Mais contrairement à moi, Mari Kondo (elle le dit elle-même dans son ouvrage), n’a aucune velléité stylistique.

Quand on fait appel à mes services, il y a deux juges. Mon client et moi même. Je fais figure d’autorité stylistique et lui d’autorité sentimentale (aka « le juge de l’étincelle de joie »).

C’est moi qui manipule les vêtements afin de me créer une image mentale des possessions vestimentaires de mon client.

Je commence par la pile des répudiés, dont mon client a déjà affirmé qu’ils « ne les aimait pas ou plus ». La tâche est aisée, ces vêtements ne lui allant pour la plupart effectivement pas ou plus.

Au moment de se débarrasser d’un vêtement, KonMari préconise à ses disciples de le remercier. Un des motifs de gratitude pouvant être l’enseignement apporté par ce dernier sur le fait que telle coupe ou telle couleur n’est pas flatteuse pour son propriétaire.

C’est exactement ce que je fais (sans autre forme de remerciement ^^) en qualifiant chaque vêtement d’une explication justifiant sa déchéance (« en effet il est jauni », « cette couleur n’est pas pour vous », « le polyester brillant ça fait cheap »).

Parfois, je tombe à ce stade sur un vêtement tout à fait honnête et demande à mon client pourquoi il ne le porte plus. Sa réponse m’éclaire sur sa psychologie. Je lui fais confiance dans son jugement si il me dit que le vêtement le serre ou lui rappelle trop ses errances vestimentaires des années 90.

La découverte de pépites dans cette pile est extrêmement rare.

Je m’attaque ensuite à la pile chérie des vêtements aimés et souvent portés, ce qui me permet de mieux connaître la personnalité de mon client. Lorsque dans cette pile, je vois un vêtement dont la pertinence stylistique me fait douter, je pose des questions à son possesseur sur la manière dont il l’assorti, sur l’âge du vêtement ou lui demande tout simplement de le revêtir.

Si le vêtement ne sied pas, j’essaie de faire prendre conscience à son possesseur qu’il est temps de se séparer de l’objet autrefois aimé en pointant avec tact ses défauts (un accroc trop visible, une matière peu seyante, une taille devenue trop étriquée, une couleur délétère pour le teint).  On ne se voit pas changer et c’est la même chose pour nos vêtements. Raison pour laquelle en matière d’habillement l’étincelle de joie ne peut être l’unique critère de décision. Mon client dispose ici d’un droit de veto sentimental pour garder des objets souvenir (j’en contrôle très strictement l’usage, car comme KonMari, je pense qu’une fois porté le vêtement a fait son job et qu’il faut lui dire au revoir).

La pile des vêtements aimés mais non portés est la dernière à passer devant le tribunal collégial. C’est souvent ici que se trouvent les pépites inexploitées des garde-robes. A leur vue, je trépigne de joie telle Mari devant du bazar (« I love mess! »).
Au lieu de mettre leur propriétaire en joie ces vêtements génèrent de la frustration « ce pull est si joli, pourquoi est ce que ne l’ai jamais porté? » « J’adore ces chaussures mais elles ne vont avec rien ».

Mon travail est d’intégrer ces vêtements délaissés en les intégrant dans une multitude de tenues et ainsi de les promouvoir  en vêtements de la pile « chérie ».

D’autres vêtements de cette catégorie ont été disgraciés pour une raison valable que j’explique à leur propriétaire afin d’éviter la répétition d’erreurs de ce type dans des achats futurs (« coupe inadaptée », « imprimé trop chargé », « détails superflus », etc…).

5/ Les mauvaises raisons pour garder les vêtements

Mari Kondo a identifié des mauvaises raisons pour garder les objets. Je suis 100% d’accord avec elle et applique ces préceptes avec mes clientes depuis des années.

  • garder l’objet parce que c’est un cadeau: comme KonMari, je pense que le rôle d’un cadeau est d’être offert. Une fois que son rôle a été rempli, il n’est pas besoin d’encombrer son placard d’un objet qu’on aime pas
  • garder un objet parce qu’il a de la valeur: si n’a pas d’autre valeur que sa valeur monétaire, il n’y a aucun intérêt à le conserver
  • déclasser ses vêtements en vêtements d’intérieur: comme Mari Kondo je suis TRES stricte là dessus car mes clientes plaident toujours pour garder des piles « au cas où ». Si un vêtement n’est pas confortable, ce n’est pas un vêtement d’intérieur. Argument refusé. Si un vêtement est moche, il n’y a aucune raison pour que vous soyez moche chez vous, je vous promets ça vous fera un bien fou. Argument refusé. Si vous avez un attachement sentimental à ce vêtement…Argument accepté, mais juste un seul!
  • déclasser ses vêtements en vêtements pour les travaux/le sport: exception à la règle pour seulement UNE tenue. Pas besoin de 3 jeans « pour le jour où je ferais des travaux/ le jardinage/une fresque quadricolore sur le mur du jardin ».

6/ Les raisons tolérées pour garder les vêtements

Pour notre ayatollah du rangement par le vide: AUCUNE raison n’est valable à l’exception de l’étincelle de joie.

Je suis plus modérée:  deux raisons de stocker les vêtements trouvent grâce à mes yeux, fondées sur ma propre pratique.

  • La constitution d’un héritage: certaines des pièces les plus chéries de ma garde-robe appartenaient à ma mère ou à ma grand-mère (elles ont à mes yeux un supplément d’âme pas tout petit). Les premiers ont étés donnés lors d’un tri de penderie maternel, les seconds exhumés de la malle à déguisement familial. J’ai regretté que ma génitrice et la sienne n’aient pas conservé plus de reliques de leur passé vestimentaire, quand, au moment des revivals eighties elle s’exclamaient à propos d’une pièce redevenue à la mode « ah! j’en avais un comme ça mais je m’en suis débarrassée ». Je constitue donc à l’attention de ma nièce un petit pactole de pièces de qualité que j’adore mais que je ne porte pas/plus, dans l’optique de lui donner la possibilité de fouiller un jour dans ce coffre à trésors (comme une veste Castelbajac bleu piscine achetée en vente presse) (mon neveu, pourra y fouiller aussi si ça lui chante #genderfluid).
  • La constitution d’une malle à déguisements: Enfant j’adorais me déguiser et encore plus faire « la styliste » en organisant des défilés d’anthologie mettant en scène mes cinq petites soeurs. J’ai gardé ce goût à l’âge adulte et suis ravie de trouver ma petite malle à déguisements personnelle composée de pièces fortes mais complètement démodées ou absurdes collectées au fil des ans (au hasard, un collier type rivière de diamants en toc, légué par une cliente russe ou des vestiges roses et moulants des années 2000).

Attention, il est important que ces pièces soient stockées en dehors de l’espace de rangement du reste de la garde-robe.

6/ La question de la poubelle

Mari Kondo a un raisonnement ambivalent par rapport aux objets. Si elle leur confère une âme et les remercie pour services rendus, elle n’a aucun scrupule à les envoyer illico A LA POUBELLE.

La revente, le recyclage et le don sont des sujets qui la préoccupent très peu, voire lui semblent contre-productifs.
Dans sa philosophie, il faut se débarrasser sans attendre de ses affaires afin de ne pas les faire traîner dans les limbes de l’indécision. Il ne faut pas non plus pas encombrer l’espace d’autres personnes avec ses rebuts.

Je la rejoins sur le fait qu’il ne faille pas conserver ses vêtements dans l’idée de les revendre sur des plate-formes de seconde main. C’est un processus fastidieux, et il peut s’écouler des mois avant que les vêtements ne quittent votre logis. Vous risqueriez d’avoir des remords et de… les garder!

Par contre, je suis favorable à la revente par d’autres canaux ainsi qu’aux différentes formes de dons pour allonger la durée de vie du produit, qui, peut-être trouvera un nouveau foyer où il sera aimé (finalement je suis plus gentille que KonMari avec ces pauvres vieilles babioles).

Voici les différentes manières que je préconise pour se débarrasser de vos vêtements destitués lors du processus de tri:

  • le don à des associations: les associations de collecte de vêtement prennent absolument tous les textiles. Ceux qui sont en bon état seront revendus tels quels, les autres seront recyclés (matériau d’isolation, nouvelle fibres, etc). A l’issu de ma session d’optimisation du placard, un gros tas se retrouve dans cette pile. J’insiste auprès de mes clients sur la nécessité de faire le don rapidement.
  • la revente par une spécialiste de la seconde main: Si vous avez des vêtements de marque en bon état, les dépôts ventes sont susceptibles de vous les prendre. Si ils n’en veulent pas, vous n’aurez pas beaucoup plus de chance sur les plate-formes en ligne et cela ne vous rapportera pas assez pour l’effort fourni. L’expérience me permet d’identifier les vêtements qui ont une valeur marchande et d’indiquer à mes clients leur potentiel de revente. L’opération de don est à effectuer en une seule fois. Les vêtements refusés sont donnés, dites vous que ça fera des heureux!
  • le don à des êtres aimés: certains de mes clients veulent absolument donner leurs vêtements à leurs proches et amis. Comme KonMari, je pense que c’est potentiellement encombrer un être cher sans vraiment lui faire plaisir. Par contre, si on sait que la personne « en a besoin et l’utilisera », on peut donner.  J’ai personnellement été ravie de récupérer des « vieilleries » dans la penderie de ma mère ou de mes soeurs.

7/ Le rangement des vêtements

KonMari a plusieurs techniques très astucieuses pour stocker ses vêtements. Après avoir lu son livre, je pense en conseiller certaines à mes clientes.

Dans les grandes lignes, elle conseille de stocker les produits de même catégorie ensemble, ce que la plupart des êtres humains font.

Sa technique iconique est le stockage des vêtements mous (T-shirt, pulls, jeans) à la verticale dans des tiroirs et c’est absolument brillant:

  • on voit le contenu de sa collection en un clin d’oeil
  • l’encombrement est réduit
  • les vêtements en dessous de la pile ne sont pas compressés

Si vous saviez comme je regrette de ne pas avoir lu ceci AVANT de composer mon nouveau dressing…

Pour le reste, certaines de ses recommendations sont un peu ésotériques, comme trier les vêtements suspendus du plus long au plus court pour créer une « envolée enthousiasmante »…

Je suis plutôt pour la création de catégories et de sous catégories du type:

  • Tops > Vestes > Veste de tous les jours/ > Vestes de soirée

Cela vous évitera de passer en revue vos petits haut affriolants le matin avant d’aller bosser.

Mais nous nous accordons sur l’essentiel à savoir:

  • n’avoir dans son placard QUE des vêtements que l’on porte
  • voir tous ses vêtements quand on ouvre son placard

8/ L’adjonction de nouvelles pièces

Maintenant que vous avez un dressing épuré et bien rangé, vous pouvez utiliser votre garde-robe à 100%.

Si vous avez fait appel à moi plutôt qu’à KonMari, nous aurons identifié ensemble des pièces manquantes à ajouter à votre garde-robe pour la rendre complètement fonctionnelle. Il s’agit donc d’acheter au fur et à mesure ces quelques vêtements qui deviendront essentiels dans la composition de vos tenues.

A ce moment, comme vous aurez effectué le travail avec moi (ou avec Mari), vous ne reproduirez pas deux erreurs que commettent beaucoup de personnes.

  • ne pas enlever les étiquettes: la fée internationale du rangement a constaté un fléau qui, selon mes observations, s’étend d’Orient en Occident: le fait de ne pas retirer les étiquettes des vêtements nouvellement achetés, voire de ne pas les déballer avant de les fourrer tels quels dans le placard. Comme KonMari, j’ai constaté que l’une des causes de cet étrange comportement est que « certaines personnes craignent qu’en enlevant les étiquettes la valeur des produits chute si elles essaient de les revendre ». Ce à quoi j’objecte à mes clientes que si on est pas CERTAINE de vouloir un produit, si « l’étincelle de joie » ne se produit pas en magasin, on le laisse dans le rayonnage. Au pire, on le repose, et, si on y pense encore trois jours après, on y retourne. Si on a acheté un vêtement qui nous enthousiasme vraiment, on ne devrait avoir qu’une hâte: le porter. Personnellement je ressors souvent des magasins avec ma nouvelle acquisition sur le dos (maman me tuerait, elle a toujours dit que c’était mal à cause des produits toxiques). Comme le formule si joliment KonMari, l’étiquette, c’est le cordon ombilical du magasin qu’il faut couper pour vraiment s’approprier un habit.
  • acheter en double: il existe deux manières d’acheter en double.
    • le véritable achat en double: le fait d’acheter exactement la même pièce en double lors d’un acte d’achat unique sous prétexte qu’elle « est parfaite et que comme ça j’aurais des réserves ». Je vous le dit tout de suite c’est une erreur. Les vêtements ne s’abîment pas si vite que ça et, le temps que vous ayez usé l’une de vos acquisitions jusqu’à la corde, il est fort probable que vous en soyez lassée. Comme MariKondo, je pense qu’il n’est pas utile de faire des stocks de quoi que ce soit dans votre maison. A fortiori de vêtements. Elle relate dans son livre l’anecdote d’une jeune femme ayant acheté deux chemisiers identiques. Le premier a été porté jusqu’à épuisement, le deuxième jamais.
    • le presque achat en double: cette pratique beaucoup plus répandue, non évoquée par KonMari, peut s’apparenter à du stock. Quand je trie un placard, je répertorie les possessions qui passent sous mes yeux en les nommant mentalement (du type « top bleu marine manche longue », « top blanc manches courtes brodé). A ce moment, je constate parfois la répétition d’une désignation, signe d’une tendance à l’achat obsessionnel et donc superflu. Ces faux jumeaux n’apportent pas de bénéfices stylistiques à votre garde-robe et, bien souvent, à par vous, personne ne remarque de différence entre l’un et l’autre. Si vous avez tendance à commettre cette erreur, faites des tas de vêtements par sous catégorie précise. Si votre pile de haut bleus à manches longue est riche de 10 pensionnaires comme c’était le cas pour une de mes clientes, choisissez les trois meilleurs d’entre eux et veillez à ce qu’ils soient aussi différents que possible pour se plier à différents usages stylistiques (par exemple un top fluide, un top moulant et un top en matière estivale).

9/ Les bienfaits du grand tri sur l’avenir

Comme le souligne KonMari, le grand tri est économique à bien des égards:

  • se rendre compte de l’étendue de ses possessions et ainsi mieux les utiliser
  • ne pas faire d’achats inutiles (identification des erreurs, meilleure connaissance de l’existant)

En tant que consultante styliste, j’ajouterais:

  • obtenir un large éventail de nouvelles tenues sans acheter de nouvelles choses
  • redécouvrir des pièces oubliées et étendre leur cycle de vie chez vous même

J’en suis convaincue, le premier pas vers une consommation plus responsable de mode consiste à connaître son style. Avec de bonnes méthodes, vous allez encore plus aimer vous habiller.
Prêts à commencer 2019 sur de bonnes bases avec Mari et moi?

  • La magie du rangement (dans toutes les bonnes librairies)
  • Dress like a parisian : mon livre dédicacé en anglais pour s’habiller mieux avec moins. (bien connaître les associations de couleurs, d’imprimés, l’usage des basiques, les bons plans pour acheter seconde main et bien plus encore). Disponible auprès de moi pour un exemplaire dédicacé, sur Amazon si vous vivez en France et dans les bonnes librairies, si vous vivez dans un pays anglophone.
  • Offrez vous une consultation « optimisation de penderie » avec moi
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Comments
12 Responses to “La méthode Kon Mari est elle optimale pour le tri des vêtements?”
  1. Carol dit :

    As always great advice, thank you Alois, I am about to do it in my closet… urgently!. Besides I would like to say that I’ve finally got your book as a gift from my sister who lives in Europe….I am from Ecuador and it would have taken a long time to get here if I order it by myself, I am just love it , congrats !!

  2. MABdePARIS dit :

    Toujours aussi inspirant! Bravo et excellente année 2019

  3. Another great post; thank you. I really appreciate how practical you are. Mari Kondo’s methods are great, but also a little extreme for me. I’m getting ready for another big purge and will probably reach out for another session with you. I just moved to a new home, and it is much colder here too, so I am finding my casual/at-home clothing needs to be different.

  4. Archana dit :

    Didnt know that you wrote a book. Purchased it in about 10 seconds after I found out. ( From Amazon, sorry)

    I love your posts. Well reasoned and detailed.

  5. Claire dit :

    Bonjour Aloïs,

    En ce qui me concerne pour le style (et aussi la déco) j’observe la façon dont les comédiennes sont habillées dans les films & les séries, et en particulier les films de Woody Allen (pas Downtown Abbey même si j’ai adoré).
    L’été dernier je me suis inspirée d’une série suédoise « Meutres à Sanhamm » pour guider mes achats. Du coup je me suis acheté – entre autre – une paire de sandales sabots à talon mi-haut qui ont fait mes délices. Je voulais des talons un peu hauts mais confortables et surtout pas fins car j’habite dans une ville où il y a plein de rues pavées – la mort du talon fin -, et je trouvais ma démarche disgracieuse avec des talons compensés. Finalement les sandales sabots se sont révélées idéales, confortables et très légères contrairement à ce que l’on pourrait croire.
    J’ai regardé quelques épisodes de la série Kondo mais je ne me sens pas du tout concernée pour les vêtements / chaussures / accessoires. Quelque chose en moi résiste à la surabondance d’objets, ça me fatigue visuellement et mentalement.
    Par contre pour les livres, j’ai fait le tri et j’ai donné 5 mètres linéaires de bouquins à ma bibliothèque municipale qui s’est chargée de les ventiler de la façon la plus appropriée (bibliothèque, hôpital, etc).
    Cela fait longtemps déjà que je lis votre blog et je suis contente de pouvoir vous lire à nouveau. Certains de vos articles m’inspirent, comme par exemple le port du jean blanc en hiver. Merci! Par ailleurs je me suis procuré l’application Cladwell il y a quelque temps et je trouve cela assez bien car elle propose des combinaisons auxquelles je n’aurait pas pensé; çà évite la répétition automatique d’association de vêtements/chaussures. Du coup j’ai l’impression d’avoir plus de choix de tenues et même d’avoir plus de vêtements.
    Bonne journée,
    Claire

    • Aloïs Guinut dit :

      Comme ça pas Downtown Abbey? ^^
      J’adore les sabots suédois, je porte ça tout l’été pour gambader dans Paris!
      Il faudrait que je teste Cladwell alors, merci pour le conseil

  6. Fiona dit :

    This is what I love about your advice, Aloïs — you take tips like Kondo’s and make them specific and applicable (no more than two twin garments, three comfy housewear items). I need house-only items to change into as soon as I get home as pet fur and kitten claws ruin my “real” clothes. On your advice, I will find 3 of the nicer-looking ones and purge the rest. It’s true that a neat closet stops me from overshopping and keeps my life simple. Merci!

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